La publication par Eurostat, l’institut de statistiques de l’UE, des dernières comparaisons entres les économies européennes en 2025 vient confirmer ce que l’on savait déjà : l’état catastrophique des finances publiques de la France, qui reste le cancre de l’économie européenne, le tout sur fond de régression du niveau de vie.
La France (d’après le poème de Prévert)
Elle dit non avec la tête
Mais elle dit oui avec le cœur
Elle dit oui à ce qu’elle aime
Elle dit non à la rigueur
Elle est debout
On la questionne
Et tous les problèmes sont posés
Soudain le fou rire la prend
Et elle efface tout
Les chiffres et les mots
Les règles et les limites
Et malgré les menaces de Bruxelles
Sous les huées des pays prodiges
Avec les craies de toutes les couleurs
Sur le tableau noir du désastre
Elle dessine le visage du bonheur :
Le n’importe-quoi qu’il en coûte…
Le célèbre poème de Jacques Prévert semble avoir été écrit pour notre pays, ce pire élève de la zone euro qui joue les cigales depuis plus de 50 ans, alors qu’il ne cesse de donner des leçons au monde entier. Nos dirigeants s’affichent toujours très satisfaits d’eux-mêmes en se regardant s’agiter en tous sens, tels des canards sans tête. Ces Diafoirus irresponsables continuent de dépenser l’argent que nous n’avons pas, celui que nos enfants devront rembourser un jour. Car on sait comment se termine la fable de La Fontaine…
La 2e dépense publique de la zone euro
La course folle des dépenses publiques ne faiblit pas : + 41 milliards d’euros en 2025, soit 57,1% du PIB, le niveau de dépenses le plus élevé juste derrière la Finlande (57,2%).
Il faut bien comprendre ce que cela veut dire : cela signifie que plus de la moitié de la richesse créée chaque année en France par le travail des Français est socialisée, c’est-à-dire captée par la puissance publique pour être mis dans un puits commun, d’où l’État puise pour répartir les dépenses. Or il n’y a rien au monde de plus inefficace, comme l’explique très bien l’économiste Milton Friedman, prix Nobel d’économie.
« On peut dépenser de l’argent de quatre façons différentes. Premièrement, on peut dépenser son propre argent pour son bénéfice personnel. On a tendance à être prudent et à vouloir en obtenir le plus possible. Deuxièmement, on peut dépenser son propre argent au bénéfice des autres. Par exemple, quand on achète un cadeau d’anniversaire à quelqu’un. On est moins attentif au contenu du cadeau, mais on se préoccupe tout de même du coût. Troisièmement, on peut dépenser l’argent des autres pour son bénéfice personnel. On s’offrira certainement ce qu’il y a de mieux ! Quatrièmement, on peut dépenser l’argent des autres au bénéfice des autres. Dans ce cas, on ne se préoccupe ni du coût ni de ce qu’on obtient, C’est ainsi que fonctionne l’État. »
Même la Chine communiste l’a compris : son ratio de dépenses publiques/PIB est de… 33% !
Le 2e pire déficit public de la zone euro
Si encore la dépense publique était financée, cela pourrait aller mais le pire est que la France continue d’enchaîner les déficits budgétaires massifs, continuant ainsi à accumuler de la dette.
Certes, note Eurostat, la France a réduit son déficit de 5,8% à 5,1% en 2025. Elle n’est détrônée que d’un cheveu par la Belgique (5,2%), loin de la règle européenne de Maastricht qui fixait à 3% la limite à ne pas dépasser (la France ne l’a respectée que trois fois depuis 1992 : en 2006, 2018 et 2019 !). Même l’Italie est parvenue à contenir son déficit public à 3,1% en 2025.
Le problème est que cette baisse n’est pas la conséquence d’un effort sur les dépenses publiques, comme on l’a vu, mais d’une forte augmentation des recettes fiscales, qui ont bondi de 58 milliards d’euros, qui ont compensé l’envolée des dépenses.
Or, ce qui est plus préoccupant, c’est que, depuis 2022 et la fin de la crise du covid, la France est le seul pays en Europe où la dette a continué de grimper.
Faut-il rappeler aussi que cela fait depuis 1974 que la France n’a pas exécuté un budget à l’équilibre. C’est tout simplement inouï.
Le 3e pays le plus endetté de la zone euro
Sans surprise, la France continue de faire partie du trio de tête des pays les plus endettés de la zone euro.
Au prix de sacrifices considérables pour la population soumise à des mesures d’austérité sans précédent et grâce à la mise en œuvre d’efforts structurels douloureux, la Grèce, qui était depuis 20 ans sur la plus haute place du podium (209% de dette/PIB en 2020), va voir sa dette se réduire à 137% du PIB en 2026, grâce à un excédent budgétaire primaire de 4,9%. (12,1 milliards d’euros). Résultat : elle devrait voir cette année l’Italie lui passer devant avec 138,6%.
Et la France restera toujours, elle, fièrement sur le podium, accrochée à la troisième place à 115% du PIB en 2025 mais on sait déjà que cette année, la dette devrait avoisiner les 118% du PIB, davantage si la croissance économique se dégrade en raison des évènements géopolitiques au Moyen-Orient.
Les décideurs ne sont pas les payeurs. Ce qui est formidable dans la France d’aujourd’hui, c’est l’absence totale de responsabilité des premiers, au sens de « rendre des comptes ». On continue d’entretenir des illusions, la fête et la gabegie continuent avec l’argent des autres.
Cela risque de mal finir…


